Prendre soin de son environnement social

Comme nous avons pu le voir dans la partie théorique consacrée à l’importance de l’environnement familial et professionnel, il est important de soigner son réseau social afin d’accéder à une santé optimale. Dans cet article, nous allons étudier certains outils que nous avons à notre disposition pour optimiser nos qualités relationnelles. Souvenez-vous qu’il faut de la patience et de la persévérance pour que ces exercices portent leurs fruits (Cf. partie Gestion du stress).

  • Trois façons de bonifier ses relations sociales selon la science
  • Développer son altruisme
  • Sourire et développer son empathie
  • La communication non violente
  • Les 4 accords toltèques : des règles de vie essentielles
  • Exprimer sa gratitude

Trois façons de bonifier ses relations sociales selon la science[1]

Ces trois conseils ont été mis en évidence par l’épidémiologiste Jeremy Howick[2] d’après un ensemble de recherches scientifiques.

  • Joignez-vous à un groupe qui vous intéresse (sportif, artistique,…)
  • Tissez des liens plus étroits avec un membre de votre famille
  • Faites spontanément des petits gestes gentils

Développer son altruisme

De nombreuses études suggèrent que la bienveillance et l’entraide améliorent la santé.[3]

Je vous conseille vivement de visionner le documentaire Vers un monde altruiste, produit par ARTE. [4]

Sourire et développer son empathie

« Un sourire c’est gratuit et ça fait plaisir, alors pourquoi s’en priver? »

Voilà une citation qui résume bien l’effet produit par une attention qui peut paraître anodine mais qui a de réelles conséquences. Un sourire franc apportera toujours un peu de joie.

Il s’avère de plus que le simple fait de sourire entraîne la sécrétion de molécules du bien-être chez soi comme chez l’autre.

L’empathie est la capacité d’observer, de comprendre les sentiments et les émotions de l’autre sans les ressentir soi-même.[5]

Le groupe de recherche de l’Institut de Neurophysiologie de l’Université de Parme, conduit par le neuroscientifique Giacomo Rizzolatti, a découvert dans les années 1990 l’existence chez les primates de cellules cérébrales qui s’activaient quand un individu exécutait une action aussi bien que lorsqu’il observait un autre individu faire la même chose. Ce dernier donna à ces cellules cérébrales le nom de « neurones miroirs ». Cette découverte chez les primates a été ensuite mise en évidence chez les humains. Ils ont deux fonctions fondamentales : contrôler l’exécution des actions, et surtout en permettre la compréhension. L’apprentissage et la compréhension des actions des autres se font grâce à un processus d’imitation. En outre, ils sont impliqués dans le « pourquoi » de l’action, c’est-à-dire dans l’intention qui l’a motivée. Ces processus « cognitifs » sont structurés sur la base de circuits qui font comme s’il n’était possible de comprendre le sens et les intentions de l’autre dans ce qu’il fait que si l’on imite et reproduit dans notre corps son action.[6] Les neurones miroirs auraient ainsi pour rôle d’éveiller l’empathie en abolissant la distance entre les individus. C’est pourquoi Vilayanur S. Ramachandran[7] les nomme neurones empathiques ou neurones de Gandhi.

C’est pourquoi un simple sourire, associé neurologiquement à un sentiment de joie, va créer du bien-être chez la personne à qui il s’adresse.

La communication non violente [8]

La communication non violente (CNV) a été mise au point par Marshal B. Rosenberg, psychologue américain, à partir des années 1970. L’empathie y a une place privilégiée.

La CNV nous engage à reconsidérer la façon dont nous nous exprimons et dont nous écoutons l’autre, en fixant notre attention sur quatre éléments: l’observation d’une situation, les sentiments qu’éveille cette situation, les besoins qui sont liés à ces sentiments, et enfin ce que nous pourrions demander concrètement pour satisfaire nos besoins.

Nous avons appris plusieurs formes de « langage aliénant » qui ne sont pas dans notre nature humaine. L’une de ces formes consiste à utiliser des jugements moralisants qui impliquent que ceux dont le comportement ne correspond pas à nos valeurs ont torts ou sont mauvais. Une autre repose sur les comparaisons, qui peuvent entraver la bienveillance envers nous-même comme à l’égard d’autrui. La communication aliénante nous empêche aussi de prendre pleinement conscience que chacun est responsable de ses pensées, de ses sentiments et de ses actes.

  • La première composante de la CNV consiste à bien séparer l’observation de l’évaluation. Quand nous mélangeons les deux, notre interlocuteur risque d’entendre une critique et de résister à ce que nous disons. La CNV déconseille les généralisations et les remplace par des observations en circonstance. Nous dirons ainsi plus volontiers: « En vingt match, je n’ai jamais vu Jacques marquer un seul but » que « Jacques est un mauvais footballeur ».
  • La deuxième composante de la CNV consiste à exprimer ses sentiments. En développant un vocabulaire affectif qui nous permet de décrire clairement et précisément nos émotions, nous pouvons établir plus facilement un lien avec les autres. Exprimer nos sentiments peut contribuer à résoudre des conflits.
  • La troisième composante de la CNV consiste à identifier les besoins dont découlent ces sentiments. Les actes et les paroles des autres peuvent être des facteurs déclenchants, mais jamais la cause de nos sentiments. Face à un jugement négatif, il s’agit d’identifier les sentiments et les besoins qui se cachent derrière le message négatif de l’autre. Les jugements, critiques, diagnostics et interprétations portant sur les autres sont autant d’expressions détournées de nos propres besoin et valeurs. Lorsque l’autre entend une critique, il a tendance à mettre toute son énergie à se défendre ou à contre-attaquer. Mieux nous parvenons à associer nos sentiments à nos besoins, mieux l’autre peut y répondre avec empathie.
  • La quatrième composante de la CNV nous invite à formuler mutuellement des demandes claires, précises et en utilisant un langage d’action positive en déclarant ce que nous demandons plutôt que ce que nous ne demandons pas. Les demandes sont perçues comme des exigences lorsque le destinataire est convaincu qu’il sera critiqué ou puni s’il n’obtempère pas, d’où l’intérêt de préciser qu’il s’agit d’une demande à satisfaire s’il en est disposé et non une exigence.

Les 4 accords toltèques : des règles de vie essentielles [9]

Les 4 accords toltèques, retranscrits dans un livre du même nom par Don Miguel Ruiz, correspondent à des règles de vie issues de la sagesse du peuple toltèque qui vécut en Amérique latine entre 1000 et 1300.

Ces accords sont nécessaires pour briser nos croyances limitantes que nous développons depuis l’enfance, qui distordent la réalité et nous maintiennent dans la souffrance. À force de conditionnements culturels et éducatifs (sur ce qui est juste ou faux, bon ou mauvais, beau ou laid) et de projections personnelles (« Je dois être gentil », « Je dois réussir »…), nous avons intégré une image fausse de nous-même et du monde. [10]

  • Que votre parole soit impeccable

Parlez avec intégrité, ne dites que ce que vous pensez. N’utilisez pas la parole contre vous ni pour médire d’autrui. 

  • N’en faites jamais une affaire personnelle

Ce que les autres disent et font n’est qu’une projection de leur propre réalité. Lorsque vous êtes immunisé contre cela, vous n’êtes plus victime de souffrances inutiles. 

  • Ne faites aucune supposition

Ayez le courage de poser des questions et d’exprimer vos vrais désirs. Communiquez clairement avec les autres pour éviter tristesse, malentendus et drames.

  • Faites toujours de votre mieux

Votre “mieux” change d’instant en instant. Quelles que soient les circonstances, faites simplement de votre mieux et vous éviterez de vous juger.

Exprimer sa gratitude

De nombreuses études montrent qu’exprimer de la gratitude joue un rôle dans l’atténuation de la dépression et d’autres troubles anxieux. Si vous êtes reconnaissant d’une chose que quelqu’un a faite pour vous, dites-le-lui.


[1] Jeremy HOWICK, Docteur vous. Les bases scientifiques de l’autoguérison, Les éditions de l’Homme, 2019

[2] Jeremy Howick, philosophe, chercheur en médecine et directeur du Oxford Empathy Program de l’Université d’Oxford.

[3] Idem 1

[4] Vers un monde altruiste ?, réalisé par Sylvie Gilman et Thierry de Lestrade, produit par ARTE France, Via Découvertes, 2015

https://www.dailymotion.com/video/x7t6pfg

[5] Bernard Franck & Musellec Hervé, La communication dans le soin. Hypnose et techniques relationnelles, Arnette, 2013, p.4

[6] Onnis Luigi, Lorsque la psyché est le reflet du corps. Une nouvelle alliance entre les neurosciences  et la psychothérapie, Cahiers critiques de thérapie familiale et de pratiques de réseau, De Boeck Supérieur, 2009/2 n°43

[7] Ramachandran Vilayanur S. (1951- ), neuroscientifique indo-américain.

[8] Marshall B. Rosenberg, Les mots sont des fenêtres (ou bien ce son des mûrs). Initiation à la Communication Non violente, La Découverte, 3ème édition augmentée, 2016

[9] Don Miguel Ruiz, Les quatre accords toltèques : La voie de la liberté personnelle, Poches Jouvence, 2018

[10] Aurore Aimelet, Accords toltèques : 4 règles pour être, article psychologie.com, 2020