Le conditionnement et ses conséquences sur l’immunité

Extrait de mon mémoire Unité corps-émotion, de la théorie à l’Ostéopathie.

La théorie du conditionnement a été mise en évidence à la fin du XIXème siècle par Ivan Pavlov[1]. Ce dernier faisait sonner une cloche, puis il nourrissait ses chiens. Après avoir répété le processus plusieurs fois, il a changé sa procédure. Au lieu de sonner la cloche et de nourrir les chiens, il faisait simplement sonner la cloche sans leur donner de nourriture ensuite. Entre temps, les chiens avaient été conditionnés à associer le son de la cloche à la nourriture et ils commençaient à saliver dès qu’ils entendaient la cloche, même si aucune nourriture ne suivait. Des centaines d’autres études sur les animaux, les humains et même les cellules ont confirmé la théorie du conditionnement. On pense que le conditionnement est le mécanisme de choix par lequel nos ancêtres préhistoriques et même les premiers êtres unicellulaires sur la planète ont acquis des connaissances.

Or il s’avère que le système immunitaire humain peut aussi être conditionné. De nombreuses études ont montré cela. Parmi elles, l’expérience du Dr Marion Goebel, de l’Université de Duisburg-Essen, en Allemagne, a montré qu’après avoir administré des immunosuppresseurs (qui inhibent le système immunitaire) chez des sujets sains dans une boisson ayant un goût inhabituel (lait aromatisé à la fraise et à la lavande), ceux-ci gardaient leur système immunitaire inactivé lorsque qu’ils ingéraient ensuite la même boisson sans les immunosuppresseurs. D’autres études montrent que la douleur peut aussi être conditionnée. [2]

Tout cela explique que si un individu associe une visite chez un thérapeute à une guérison, après plusieurs visites réussies, le seul fait d’aller à un rendez-vous peut stimuler le système immunitaire et/ou aider à diminuer la douleur. A l’inverse, si un individu a l’habitude de déclencher des symptômes à chaque fois qu’il vit une situation particulière, le simple fait de revivre cette situation peut déclencher ces symptômes à nouveau.


[1] Pavlov Ivan (1848-1936), psychologue russe.

[2] Howick Jeremy, Docteur vous, Les éditions de l’Homme, 2019, p.175-178